Algèbre

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Minuit (extrait de l’avant-propos)

Minuit sera toujours minuit. On entend gratter derrière la plinthe et le spectre de sir Archibald hante les couloirs de la maison. C’est un vieillard qui se lamente en passant d’une pièce à l’autre sans ouvrir les portes. Il arbore une barbe en pointe. Il traîne un boulet. Il a commis des crimes. Quand il passe la tête dans le réfrigérateur, il contemple les yaourts et la salade. Avec regret.
Des rumeurs courent à son sujet. Il incendiait des villes. Il pillait des contrées. Il a occis ses huit épouses. C’est interdit par la loi. On l’a pendu à un gibet en 1234. Mais sir Archibald n’a cure de ce qu’on dit et se promène, figure mélancolique, dans les couloirs de la maison.
Le chat le suit des yeux. C’est bien la preuve qu’il existe. Avant de se lécher la patte et de s’endormir dans un fauteuil.

« Pyramidalons ! »

« Pyramidalons ! »
Dit le pharaon.

Aussitôt
Les pyramideux
Les pyramideurs
Les pyramidoleurs
Les pyramidaliers
Les pyramidoseurs
Et les pyramidiens
Pyramidalèrent.

« Ah ! Les durs travaux ! »
Songe au coin de l’âtre
Un pyramidolâtre.

Trente-huit petits poèmes de Brest et d’ailleurs : Le vieil échafaud de Recou, Poème qui monte la rue Jean Jaurès, Hypocycloïde, « Mangez vos bras, tristes humains », Les petits chevaux, Poème en rayé, La chanson du poète…

Algèbre, Hervé Éléouet, 70 p, 10 €
ISBN : 979-10-93300-01-6